L'abbaye de l'Estuaire de la Loire

Abbaye de Blanche Couronne

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José-Maria de HEREDIA (1842-1905)

La guerre 1870 avec l'envahissement de Paris pousse le monde de la culture à se réfugier en province. Les Toulmouche accueillent Reyer, Massé, Widor, Massenet, Delaunay, Baudry, Toché, Picou, Hérédia.
Ce qui plut à Hérédia, ce fut la proximité de la mer, l'ambiance calme et reposante de cette abbaye transformée en château

La mort de l'aigle

Quand l’aigle a dépassé les neiges éternelles,
A ses larges poumons il veut chercher plus d’air
Et le soleil plus proche en un azur plus clair
Pour échauffer l’éclat de ses mornes prunelles.
Il s’enlève. Il aspire un torrent d’étincelles.
Toujours plus haut, enflant son vol tranquille et fier,
Il plane sur l’orage et monte vers l’éclair
Mais la foudre d’un coup a rompu ses deux ailes.
Avec un cri sinistre, il tournoie, emporté
Par la trombe, et, crispé, buvant d’un trait sublime
La flamme éparse, il plonge au fulgurant abîme.
Heureux qui pour la Gloire ou pour la Liberté,
Dans l’orgueil de la force et l’ivresse du rêve,
Meurt ainsi d’une mort éblouissante et brève !

Poème de José-Maria de Hérédia
gravé sur la stèle en hommage à l'aviateur Alexis Maneyrol. Sculpteur Georges Bareau 1925 à Frossay